STORY

Episode 2 : Folie et frénésie à l’AS Cannes sur Football Manager 2024

Episode 2 : Folie et frénésie à l’AS Cannes sur Football Manager 2024
Oufti L'auteur de FMEurope
Simon Oufti
Mis à jour le 17 Décembre 2023 · 9 min de lecture

Avertissement : Ce récit est une œuvre de pure fiction écrit à partir d’une partie sur le jeu Football Manager 2024. Par conséquent toute ressemblance avec des situations réelles ou avec des personnes existantes ou ayant existé ne saurait être que fortuite.

A deux doigts



Je connaissais bien les joueurs et le staff de l’équipe première. J’avais eu l’occasion de les côtoyer pour la plupart autour de la main courante.

Mais le travail au quotidien était une autre paire de manches. Il fallait gérer les égos et caprices de certains.

Et le moins que l’on puisse dire, c’est que travailler avec des adultes - qui pour certains avait eu une belle carrière - était bien différents qu’avec les U19.

L’entente dans le vestiaire n’était pas au beau fixe. Et cela se ressentait sur le terrain : on avait un mal fou à bien négocier les rencontres décisives.

Jean-Noël faisait ce qu’il pouvait pour asseoir son autorité. Honnêtement, je doute que j’aurais pu faire mieux.

Il y avait des joueurs qui posaient des problèmes. Il le savait mais c’étaient ces recrues.

On avait du retard à l’allumage. En octobre nous étions 5èmes.

Joueurs têtes baissés Story Football Manager


Anny prit la parole dans le vestiaire :

"Il faut crever l’abcès. Si certains d’entre vous sont mécontents ou ont des choses à dire c’est maintenant"

Évidemment personne ne pris la parole. On entendit les mouches volées.

"Je ne suis pas satisfaite ni de vos résultats ni de votre mentalité. Nous sommes Cannes, vous avez un devoir d’exemplarité. J’attends une réaction de votre part d’ici décembre sinon je serais amené à prendre des décisions. Je n’ai rien à perdre, moi ma vie est faite contrairement à vous." dit-elle d’un ton révolté.

Malgré ce qu’elle disait, elle savait qu’elle jouait gros. Sa réputation était en jeu, elle avait mis les moyens pour avoir une équipe compétitive.

Pour ma part, le boulot n’avait pas beaucoup changé par rapport aux U19.

J’essayais de récupérer les vidéos des matchs de nos futurs adversaires. Ce qui à ce niveau-là n'était pas toujours évident. Je faisais un brief avec les points faibles et points forts de l’équipe.

Je filmais nos matchs et faisais un retour à l’équipe.

Je participais aux séances d'entraînements. Certains joueurs m’écoutaient, d’autres non.

Certains venaient se confier à moi. C’étaient toujours les mêmes problèmes qui revenaient : des leaders toxiques qui prenaient à partie les jeunes de l’équipe, des joueurs qui râlaient car il cirait le banc…

Anny l’avait bien compris. J’étais devenu son relais avec l’équipe.

"Le groupe vit bien depuis votre intervention Madame" lui dis-je.

"Ne me dites pas ça pour me faire plaisir Simon. Comment s’est passée la semaine d'entraînement ?" me répondis-t-elle.

"Certains joueurs ne comprennent pas pourquoi ils ne jouent pas"

"Allez vers eux, expliquez-leur ce que le coach attend d’eux"

"Honnêtement moi non plus, je ne comprends pas pourquoi ils ne jouent pas plus"

"Jean-Noël doit avoir ces raisons. Je veux que vous continuiez à maintenir ce lien avec tout le monde. Le management, c’est de s’oublier soi-même et de s’occuper des autres. Tâchez de vous en souvenir. "

Je lui tenais au courant de tout ce qu’il se passait dans le groupe. J’avais une confiance aveugle envers elle, je lui devais beaucoup…

J’étais persuadé qu’elle allait trouver la solution à nos problèmes.

Au niveau des résultats, on releva la barre.

On reprit la 2ème place à la réserve de Nice en 2ème partie de saison.

Malheureusement Furiani avait trop de points d’avance. Ils ont été impossible à rattraper dans un championnat qui ne comptait que 28 journées.

Le championnat se terminait avec un goût d’amertume. On n’était pas passé loin mais l’objectif n’était pas atteint.

La saison fut éprouvante pour la plupart d’entre nous. Mais j’étais loin d’imaginer ce qui m’attendait pour la suite…

Une surprise de taille



Beaucoup s’interrogèrent sur la suite à donner.

Les problèmes de vestiaire étaient connus de tous. Les médias locaux avaient même relayé plusieurs fois l’information.

A la surprise générale, Anny reconduit Jean-Noël pour la saison suivante.

La réunion d’avant saison fut particulièrement houleuse. Pendant que les membres de l’association se chamaillaient sur ce choix, Anny se faisait attendre.

Anny Story Football Manager


Lorsqu’enfin elle arriva, la mine déconfit. Elle posa ses lunettes de soleil sur la table et pris la parole :

"Les gars, nous allons devoir réduire la voilure pour la saison prochaine" nous annonça-t-elle

"L’an dernier nous avons beaucoup trop dépensé pour les résultats que nous savons. Je n’ai pas trouvé de partenaire suffisamment fiable pour nous accompagner."

L’audience retenait son souffle.

"Il faudra faire avec les moyens du bord. Les joueurs indésirables sont partis. Cependant, nous n’avons pas pu recruter comme nous le souhaitions. Je compte sur vous tous, l’objectif reste le même."

Nous sortions de la salle décontenancée. Chacun y allait de son pronostic sur cette future saison qui s’annonçait particulièrement indécise.

Le soir, je reçus un coup de fil de Anny :

"Simon, c’est votre heure vous prenez la suite"

"Pardon…Comment ça ? Je ne comprends pas"

"Jean-Noël vient de me remettre sa démission. Vous prenez en charge l’équipe première dès demain, merci" me dit-elle puis raccrocha.

Je restais assis sur mon lit un long moment bouche bée.

Je commençais à avoir l’habitude avec Anny…

Mais pourquoi moi ?

Pourquoi n’avait-elle pas choisi quelqu’un de plus expérimenté comme Derek l’adjoint ?

A l’heure où j’écris ces lignes, cela reste encore une énigme pour moi.

Toujours est-il…

Ce dimanche 3 juillet 2022, à 33 ans, je prenais la tête de l’As Cannes à la surprise générale.

Des sentiments contrastés



Le lendemain, j’avais appris les raisons qui avaient poussées Jean-Noël à démissionner dans les pages Sport de Nice Matin : un manque de considération de la direction malgré sa reconduction et qu’il n’avait pas eu les coudées franches pour recruter.

Ma grosse tête apparaissait à côté. Le média avait titré « L’inexpérimenté Simon Oufti se voit confier l’équipe première ».

En quelques heures tout s'était accéléré. Je recevais des messages de félicitations de ma famille et de certaines personnes du milieu auquel je m'étais lié d’amitié.

Une conférence de presse fut organisée à la hâte pour me présenter.

L’exercice fut délicat, c’était une première.

"Qu’est-ce que cela fait d’avoir une telle opportunité ?" me demanda un journaliste du Goal.

"Si tout le monde tire dans le même sens cette saison, cela pourrait être le début d’une histoire" répondis-je.

Je pris possession du bureau du coach. Jean-Noël avait fait ses cartons mais des traces de poussière étaient encore visibles là où ces bibelots avaient été positionnées.

Je me hâtai de me débarrasser du merdier de Jean-Noël : il fallait que mon bureau soit impeccablement rangé et propre.

J’héritais d’un effectif pas très équilibré comme l’avait pu le constater mon prédécesseur. On manquait de milieux de terrain et d’un arrière gauche de métier.

Anny Story Football Manager


"Il faudra faire avec" me répétait Anny.

Néanmoins les gars se connaissaient depuis un moment maintenant. J'espérais que les soucis de vestiaire étaient derrière nous.

Mon staff était composé de Derek en adjoint et François l'entraîneur des gardiens. Là aussi, je n’avais pas eu mon mot à dire.

"Ecoutez Simon, comme je vous l’avais dit, je ne suis pas venue pour être mère Térésa. J’ai déjà mis trop d’argent de ma poche la saison dernière. Ma mission est de trouver des partenaires fiables pour que ce club retrouve le monde professionnel. Faites bonne figure."

Clairement on partait de loin.

Je n’avais pas d’expérience. Seulement mes 2 niveaux de diplômes en poche obtenus en 2021 et je disposais d’une équipe qui ne faisait rêver personne.

Les médias nous pronostiquaient 5ème derrière les réserves des clubs pros… On n’était même pas considéré comme des outsiders !

Mais je n’avais pas le temps de tergiverser.

De toute façon, j’avais accepté le poste, maintenant c’était advienne que pourra.

L'entraînement avait déjà repris et les premiers matchs amicaux étaient déjà programmés pour la fin de semaine.

On avait tous un contrat à mi-temps. On était des amateurs mais aucun de nous travaillait à côté. Anny avait mis un point d’orgue à ce que chaque joueur soit concentré uniquement sur l’objectif de la montée.

La plupart de mes joueurs étaient expérimentés. J’avais 3 cadres : il y avait Nathalino notre Capverdien en défense, Medhi en meneur de jeu et Souleiman devant.

"Jean-Noël voulait absolument des joueurs habitués aux joutes de la division. " se justifia Anny.

"Oui mais on est loin de l’ADN de ce qui faisait la réputation de l’As Cannes auparavant" lui dis-je.

"C’est certain. Vous héritez d’un effectif dont certains joueurs sont plus âgés que vous. Efforcez-vous de vous faire respecter"

Personne ne savait dans quoi on s’était embarqué. Même pas Anny.

On était tous dans le même bateau. On s’engageait dans une saison qui allait s’avérer être celle de tous les dangers…




Avertissement : Ce récit est une œuvre de pure fiction écrit à partir d’une partie sur le jeu Football Manager 2024. Par conséquent toute ressemblance avec des situations réelles ou avec des personnes existantes ou ayant existé ne saurait être que fortuite.



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